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Il y a quelques semaines, on apprenait dans la presse spécialisée que Rebel Wilson, connue pour ses rôles redondants de « grosse de service », notamment dans Pitch Perfect, où elle incarne « Fat Amy », aurait retenu les services d’une firme de relations publiques pour planter de fausses informations au sujet de certains de ses collègues, dans le cadre d’un conflit de travail sur un plateau de tournage.
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Selon plusieurs sources, l’actrice aurait envisagé (voire même tenté) d’alimenter de fausses accusations d’inconduite sexuelle visant d’autres personnes impliquées dans le litige, qui a des allures de guerre d’égos. Selon des informations recueillies par le Hollywood Reporter, Rebel Wilson était prête à alimenter une rumeur voulant que la productrice du film soit une maquerelle à la Ghislaine Maxwell.
What the actual fuck, man.
C’est épouvantable.
C’est une stratégie aussi trash qu’épeurante, qui révèle l’ampleur de la toxicité propre à l’industrie du divertissement.
Qu’une célébrité de catégorie D comme Rebel Wilson, à qui je souhaite de récolter ce qu’elle a tenté de semer, s’adonne à ce genre de pratique, ça en dit long sur la normalisation de la chose dans l’écosystème hollywoodien.
Encore une fois, on parle d’un conflit de travail sur un plateau de tournage impliquant de gros égos qui ne s’entendaient pas sur la direction artistique que devait prendre le film. À travers tout ça, il y a eu des allégations d’inconduites sexuelles contre Baldoni, allégations réfutées par ce dernier qui soutient que c’est plutôt sa covedette féminine qui aurait fait des commentaires et eu des comportements déplacés.
D’ailleurs, dans des échanges de courriels obtenus par le New York Times, Justin Baldoni et son équipe auraient exprimé des préoccupations quant à l’efficacité de leurs manœuvres pour canceller Blake Lively. Réponse de Nathan : « Vous savez bien que nous pouvons enterrer n’importe qui. »
Parmi les outils préférés de la relationniste : les mises en demeure pour diffamation (un classique indémodable pour faire croire que l’autre partie ment, lol) et la mobilisation des usagers des réseaux sociaux, parfois bien réels et grassement payés, mais aussi parfois complètement fictifs, du type bot automatisé et contrôlé d’on ne sait où.
La Russie? L’Inde? Le Pakistan?
C’est à ces histoires que j’ai pensé en suivant la plus récente controverse dans laquelle l’auteure-compositrice-interprète Chappell Roan, connue pour son caractère bouillant, s’est retrouvée plongée.
Toujours selon ce récit, la situation aurait créé un malaise immédiat dans le restaurant, certains témoins estimant que la réaction de l’équipe de Chappell Roan était excessive compte tenu du comportement initial de la jeune fan, tandis que d’autres versions laissent entendre qu’un enjeu de sécurité ou de proximité non respectée aurait justifié l’intervention.
Il n’en fallait pas plus pour que des internautes embarquent dans le hate train et réclament la tête de Chappell Roan.
La starlette de 28 ans, qui a tout ravagé avec ses hits comme Good Luck, Babe! et Pink Pony Club, est l’une des chanteuses les plus politiquement engagées du moment. En plus de régulièrement monter au front pour la communauté LGBTQ+ dont elle fait elle-même partie, elle s’affiche également comme étant pro-Palestine, ce qui n’est pas une mince affaire dans les États-Unis de Donald Trump.
Parlez-en à l’auteure-compositrice-interprète Lorde qui vient enfin de se libérer, à 29 ans, d’un contrat étouffant signé avec le groupe de musique Universal alors qu’elle n’avait que 12 ans. C’est plus de la moitié de sa vie passée sous le joug d’un label. Lorde est désormais un elfe libre, comme Dobby.
Vous voyez le genre.
Chappell Roan s’est également ouverte sur ses problèmes de santé mentale, ce qui nourrit inévitablement le moulin à critiques misogynes, toujours à la recherche d’un prétexte pour traiter les femmes fortes de crisses de folles. Une façon de discréditer rapidement et efficacement les femmes artistes insoumises, qu’il soit question de Courtney Love, Sinéad O’Connor ou Doja Cat.
Plus récemment, dans un geste d’éclat, Chappell Roan s’est dissociée publiquement de Casey Wasserman, son agent, un poids lourd de l’industrie, en raison de ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. Rappelons que Wasserman est actuellement le grand manitou à la tête du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles de 2028.
Alors, si j’ai bien compris, pendant que le Comité international olympique s’acharne à exclure les femmes trans de ses compétitions pour « protéger » les femmes, il continue de fermer les yeux sur des réseaux d’influence autrement plus inquiétants pour les femmes. Gotcha.
Le courage de Chappell Roan tranche avec la lâcheté systémique (j’ai osé, oui) de l’industrie du divertissement. Et je suis convaincue qu’on cherche à la punir pour ça.
Les critiques sur les réseaux sociaux sont trop tranchées et trop caricaturales pour que j’y voie autre chose qu’une campagne stratégique, délibérée et ciblée pour conduire Chappell Roan aux portes de la ville.
D’ailleurs, la firme américaine d’analyse et de recherche GUDEA a épluché plus de 100 000 publications concernant Chappell Roan générées par quelque 55 000 utilisateurs et a déterminé que près du quart d’entre elles avait été écrite par des comptes automatisés.
Je ne peux pas dire que je tombe en bas de ma chaise. Il y a quelque chose de complètement off dans les commentaires que je vois passer sur Internet : Chappell Roan n’est plus une femme, mais bien un punching bag, qui se ramasse sans cesse des claques qu’il conviendrait de donner à d’autres, genre des monsieurs qui aiment ça jouer à touche-pipi avec des enfants.
J’ai fini par apprendre, via un contact interposé qui fait de l’enquête dans la vie, que des analystes spécialistes en techno avaient de fortes raisons de croire qu’il s’agissait là encore d’une campagne préméditée et orchestrée pour que Pedro Pascal perde sa cote d’amour et de popularité auprès du public.
Voilà l’époque dans laquelle on vit.
Je ne suis pas là pour faire la leçon, je passe moi-même beaucoup trop de temps en ligne à rire de J Lo en essayant de me convaincre que c’est correct parce qu’elle a la réputation d’être chiante avec le monde et de se croire elle-même supérieure aux autres.
Mais pour notre bien à tous, j’aimerais tout de même souligner que dans un écosystème où des firmes comme celles de Melissa Nathan peuvent littéralement « enterrer n’importe qui », il ne faut jamais arrêter de se demander : qui cherche-t-on à ensevelir et pourquoi?
À méditer,,,
Au cœur de cette opération scabreuse, on retrouve l’Américaine Melissa Nathan, une redoutable relationniste qui compte parmi ses clients du beau monde comme Logan Paul (un crétin notoire), Drake (un potentiel pédo) et Johnny Depp (un batteur de femmes avéré). Autrement dit, cette charmante dame est au service de la peste et du choléra.
Depuis quelques années, le nom de Melissa Nathan est omniprésent dans l’actualité, toujours associé à des opérations de relations publiques qui montrent jusqu’où elle ainsi que les riches et puissants d’Hollywood sont prêts à aller pour préserver leur image. Et franchement, je vous dirais que tout ça a parfois des allures de thriller. Une enquête explosive du New York Times (NYT) a, par exemple, exposé le rôle de la relationniste dans la saga judiciaire opposant Justin Baldoni et Blake Lively, les deux vedettes fatigantes du film It Ends with Us qui, ironiquement, n’en finissent plus de nourrir du gros drama.
Dans cette affaire où tout le monde s’est fait prendre à mentir au moins une fois, Baldoni aurait retenu les services de Nathan pour tenter d’étouffer les témoignages négatifs à son endroit, tout en amplifiant ceux visant Lively. Une campagne de salissage en bonne et due forme, manufacturée dans une tour à bureaux pour empoisonner le discours numérique autour d’une femme que les internautes trouvent déjà gossante et insipide, en raison d’un CV quelque peu dégarni. On se rappelle que ses plus gros faits d’armes sont d’être mariée à Ryan Reynolds, d’être l’amie de Taylor Swift et d’avoir fait l’étalage de son range de jeu limité dans Gossip Girl, une série pour ados aux intrigues très minces.
Le stratagème rappelle étrangement celui qui a contribué à couler Amber Heard lors de son procès face à Johnny Depp. Selon le NYT, il semblerait que Nathan, à force d’expériences, ait conçu une véritable « bible » de la diffamation : un guide détaillant tactiques, procédures et échéanciers pour orchestrer ces campagnes avec une efficacité chirurgicale.
Peu importe, le résultat est une véritable Seven Nation Army prête à colporter des ragots, amplifier des controverses ou diaboliser des personnalités publiques dans les sections commentaires de différentes publications sur les réseaux sociaux. L’objectif? Créer un effet de meute pour influencer la perception du public. Quand on lit partout que Blake Lively est une sale conne, on finit par y croire, misogynie ordinaire oblige. C’est aussi simple, et triste, que ça.
Pour faire court, lors d’un récent arrêt dans le restaurant d’un hôtel brésilien, Chappell Roan aurait été impliquée dans une interaction tendue avec une jeune fan, mais pas n’importe laquelle : une des filles de l’acteur Jude Law, qui a également pour beau-père Jorginho (de son vrai nom Jorge Luiz Frello Filho), une superstar internationale du soccer. C’est d’ailleurs ce dernier qui a publiquement call out la chanteuse dans une story Instagram. Selon sa version des faits, sa belle-fille se serait approchée de Chappell Roan par simple curiosité et admiration avant de retourner tranquillement à sa table, ce qui aurait déclenché une intervention jugée disproportionnée d’un agent de sécurité de la chanteuse, décrit comme brusque dans sa manière de chicaner l’enfant.
Et, comme Taylor Swift à une certaine époque, elle a livré une charge percutante et fort éloquente lors de la cérémonie des prix Grammys de l’an dernier au sujet de l’industrie de la musique et de sa manière d’exploiter les jeunes talents dépourvus de filet de sécurité et de les forcer, souvent en début de carrière alors qu’ils n’ont aucune ressource ni connaissance de l’industrie, à faire des concessions importantes sur leur vision artistique sous peine d’être tablettés.
Les femmes libres font peur à l’industrie de la musique, toujours empêtrée dans la dichotomie de la vierge et de la putain. Chappell dérange parce qu’elle déroge du rôle attendu de la pop star en pleine ascension. Elle est extravagante, sex positive, mais selon ses propres termes, et détachée de la célébrité. Elle se montre critique des relations parasociales que ses fans développent à son égard, de même que du rythme de vie effréné imposé aux vedettes qu’on presse comme des citrons la minute qu’elles ont un semblant de succès, question de battre le fer pendant qu’il est encore chaud. Tout ça lui aura valu l’étiquette d’ingrate. Sur les tapis rouges, elle fixe ses limites, n’hésitant pas à engueuler des photographes qui la stressent inutilement et l’apostrophent comme si elle était un animal de foire. Une panoplie de comportements lui ayant valu l’épithète de diva.
La campagne virulente visant Chappell Roan me rappelle celle, éphémère, mais intense, qui a ciblé l’acteur Pedro Pascal à l’été 2025. De chouchou du public en raison de ses rôles formidables de masculinité positive dans Games of Thrones, The Mandalorian et The Last of Us, l’acteur, également un ardent défenseur des droits des personnes trans, s’est vu accuser d’être un creep, out of nowhere.
Tout est parti de quelques extraits d’entrevues et de moments filmés hors contexte, où son attitude tactile et chaleureuse a été qualifiée, par certains comptes, de comportement déplacé. Très vite, des compilations vidéo, des tweets viraux et des commentaires indignés ont commencé à circuler, souvent amplifiés par des comptes anonymes ou récemment créés, donnant l’impression d’un malaise généralisé. Puis, aussi rapidement que la controverse est apparue, elle a fini par s’essouffler sans révélations majeures, sans accusations formelles, sans suite concrète.
Après, je suis très consciente qu’Internet et la société en général n’ont jamais eu besoin de bots et d’influenceurs payés à grands frais pour détruire une femme publique. Dans l’industrie du divertissement, chaque décennie bénéficie d’une martyre par excellence, sacrifiée sur l’autel de l’acceptabilité sociale et d’une foule d’autres victimes collatérales, qui disparaissent des radars pendant quelques mois après avoir été désignées l’ennemi public numéro 1 parce qu’elles « essaient trop », whatever that means. Je pense ici à Anne Hathaway, J Lo, Jennifer Lawrence, Miley Cyrus, Taylor Swift et combien d’autres encore, sommées de prendre leur trou tout simplement parce qu’elles respirent.