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Le matin du 4 mars dernier, Tasnia Basit, 36 ans, a été retrouvée morte dans son logement de Lachine, à Montréal. C’est un huissier qui a fait la macabre découverte, alors qu’il venait procéder à son éviction. Par la suite, le SPVM a confirmé qu’il s’agissait d’un suicide.
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Deux semaines plus tard, le groupe Résistance Montréal organisait une vigile à sa mémoire devant les bureaux du Tribunal administratif du logement (TAL). Sur place, une centaine de personnes étaient rassemblées dans une ambiance lourde, où s’entremêlaient tristesse et colère.
Avant le drame, la locataire louait une chambre pour 700 $ par mois. Selon un jugement du TAL datant de janvier 2026, Basit devait 2 800 $ en loyer impayé.
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Les responsables de Résistance Montréal ont pris la parole afin de dénoncer les impacts de la crise du logement sur la santé mentale des locataires. Pour les militant.e.s sur place, ce drame n’a rien d’un hasard ; il découlerait plutôt d’une crise causée par les propriétaires.
Lior Maharjan, une des personnes derrière l’évènement et membre du Syndicat des locataires autonomes de Montréal (SLAM), a qualifié la crise de « manufacturée » : « On voit comment les lois privilégient surtout les profits et les revenus des propriétaires qui ont déjà beaucoup plus que nous, les locataires. »
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D’autres acteur.trice.s du milieu étaient du même avis. Saïd Kassabie, coordonnateur du Comité logement citoyen Saint-Michel, rappelle que « le logement, en ce moment, est traité comme une marchandise, alors que c’est un droit fondamental ». Le décès de Mme Basit ne serait pas, selon lui, un cas isolé. « C’est un moment triste et sobre. C’est aussi le reflet d’une situation où les personnes sont désespérées. »
Ensuite, on a tendu le micro à des personnes s’étant retrouvées dans une situation similaire à celle de Tasnia Basit. Parmi elles, la mère d’un garçon de huit ans, qui a raconté sa propre éviction d’une voix chambranlante. « J’ai vécu une dépression à cause de ça, et je dirais que mon fils l’a encore plus mal vécu que moi. »
Maharjan du SLAM raconte que depuis le 4 mars, il reçoit de nombreux témoignages de personnes dont des proches se seraient enlevé la vie à la suite d’une éviction.
Après les prises de parole, la foule a observé une minute de silence. Des chandelles ont été allumées, éclairant les visages. Armé.e.s de craie, des manifestant.e.s ont inscrit des messages au sol et sur les murs des locaux du TAL, sous le regard avisé des gardiens de sécurité.
Puis, la vigile s’est déplacée, entamant une marche à travers les rues. Talonnée par les forces policières, la foule scandait des slogans dans une atmosphère tendue.
Si la foule a fini par se disperser, le sentiment d’urgence, lui, demeure. Pour les groupes de défense et les citoyen.ne.s mobilisé.e.s, le décès de Tasnia Basit n’est pas qu’un fait divers tragique : c’est le symbole d’un système à bout de souffle.
Un système qui les force à se dire : « Je rentre chez moi. Mais pour combien de temps? »
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Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stockholm, il existerait un lien direct entre les menaces d’expulsion et le risque de suicide. Les données démontrent que les individus victimes d’une expulsion seraient quatre fois plus à risque de s’enlever la vie. L’étude souligne aussi que près de 80 % de ces suicides se produiraient avant la perte du logement, démontrant que la menace et la pression psychologique seraient d’importants déclencheurs.
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