Contre toute attente, l’autrice ne qualifie pas l’expérience de traumatisante. Elle confie avoir bénéficié d’un excellent entourage ce soir-là pour évacuer la tension. Reste que l’événement rappelle l’imprévisibilité crue de la détresse humaine.
« La vie, elle te demande pas ton consentement pour te picher des hommes éventrés dans la face », lance-t-elle au micro du journaliste Benoît Lelièvre.
Récemment, le fils de la victime a contacté Pierrot pour lui donner des nouvelles rassurantes sur la santé de son père, tout en la remerciant d’avoir exposé l’événement. Pour l’écrivaine, ce dénouement confirme l’importance de son geste, elle qui craignait initialement de bafouer la pudeur de cet homme. Cette paix retrouvée n’atténue pas pour autant ses vives critiques face aux structures actuelles de protection.
Au-delà des réformes législatives, Pierrot appelle à un changement radical des mentalités, y compris dans la capacité des femmes à se défendre activement. S’appuyant sur les mécanismes de riposte que les hommes déploient plus naturellement entre eux, elle soutient qu’il est impératif d’intégrer cette possibilité.
« Dans notre cerveau, il faut unlock la fonction poignarder », explique-t-elle, insistant sur le fait que la peur doit changer de camp. L’écrivaine refuse toutefois de sombrer dans une posture de haine généralisée, rappelant que la misogynie est une socialisation inconsciente qui habite tout le monde.
L’émancipation passe aussi, selon elle, par la réappropriation d’une intimité saine et égalitaire, loin des rapports de force traditionnels.
En vue des prochaines élections, elle exhorte la population à soutenir les partis politiques qui défendent les ressources pour femmes, tout en lançant un appel direct à la solidarité masculine. Selon elle, le respect sacré de la vie privée ne doit plus servir d’excuse pour fermer les yeux sur les drames humains. « Arrêtez de respecter l’intime quand c’est… au détriment de la sécurité des victimes », conclut-elle.
En avril 2026, la routine créative de l’écrivaine Pierrot a volé en éclats. Alors qu’elle sortait d’un café montréalais où elle travaillait sur son manuscrit, elle est tombée sur « un gars étendu à terre dans son sang ». Elle apprendra plus tard par la police que l’homme a été poignardé par son ex-femme lors d’une altercation physique. Cette confrontation brutale avec la réalité, d’abord digérée dans l’intimité, est devenue le cœur de son texte Ne pas mourir est un acte révolutionnaire, publié chez URBANIA.
Interrogée sur les lois récentes permettant aux femmes de vérifier les antécédents judiciaires de leur partenaire, l’autrice se montre sceptique. Elle estime que d’exiger des victimes qu’elles se déplacent dans un poste de police relève d’une vision « très idyllique » qui ne colle pas à la réalité de celles qui ont perdu confiance en l’institution. Elle prône plutôt le définancement de la police au profit d’une brigade spécialisée en violence conjugale, et déplore les capacités insuffisantes des maisons d’hébergement. Elle s’indigne de l’existence de plafonds et de limites d’accueil « en sachant qu’il y a des féminicides en ce moment ».
Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.