On a tous déjà vu passer ces vidéos esthétiques sur nos fils d’actualité : des filles au teint parfait qui se lèvent à l’aube, boivent un matcha au lait d’avoine, enchaînent les suppléments et font du Pilates avant même que le soleil soit levé. Dans le jargon d’Internet, on appelle ça la quête de « la meilleure version de soi-même ».
C’est beau, c’est vendeur, et ça donne l’impression que le bonheur tient dans une liste de cases à cocher.
Au balado URBANIA pour raconter les coulisses de son reportage, Gabrielle jette un regard lucide, drôle et parfois critique sur cette industrie qui carbure aux petits ajouts.
Dans les segments coupés au montage de son format final de 14 minutes, Gabrielle confie notamment avoir rencontré le nutritionniste Bernard Lavallée avec une valise pleine de pilules et de poudres magiques accumulées durant son immersion. Le verdict du spécialiste ? La grande majorité ne servait strictement à rien.
À propos de la vitamine C consommée en excès, il lui a carrément lancé : « Dès que tu en as eu assez pour ta journée, le reste s’en va dans ton urine, donc tu as acheté de l’urine. »
Au-delà de l’anecdote rigolote, la facture n’a cependant rien d’une blague. En se vendant sous forme de petits pots individuels oscillant entre 10 et 15 dollars, le piège financier se referme rapidement. « Si tu dois en acheter une dizaine, ça monte rapidement la facture », explique la journaliste.
Le plus grand paradoxe de cette cure intensive réside dans la pression psychologique qu’elle génère. Conçue pour apaiser l’esprit, la routine s’est vite transformée en une rigide liste de tâches. Pour une personnalité performante comme celle de Gabrielle, oublier de boire sa tisane ou de faire sa séance de méditation devenait une source de culpabilité quotidienne. Elle s’est même surprise à consigner ses obligations dans un cahier pour ne rien omettre.
« Ça nourrissait une espèce d’anxiété de performance où je me sentais comme emprisonnée dans ma routine », confie-t-elle, précisant que cette discipline de fer flatte parfois l’ego, mais finit par nourrir une bête malsaine.
Loin de vouloir diaboliser l’ensemble du mouvement, Gabrielle reconnaît avoir conservé certaines habitudes bénéfiques, comme la méditation ou les affirmations positives du matin, dont l’efficacité sur le mindset est prouvée scientifiquement.
Le but de sa démarche n’est pas de juger, mais d’ouvrir une discussion sur nos motivations profondes. Est-ce qu’on s’impose ces rituels parce qu’ils nous font réellement du bien, ou simplement pour imiter ce que l’on voit sur nos écrans ? Parfois, la meilleure façon de prendre soin de soi, c’est simplement de lâcher prise sur ses objectifs, de s’asseoir avec ses proches et d’oublier sa montre.
Pour découvrir l’entièreté de son expérience et les impacts de cette cure sur sa vie de couple, le reportage complet de Gabrielle est disponible ici.
Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Gabrielle Tremblay-Baillargeon, journaliste chez URBANIA et adepte autoproclamée du combo salade-Pilates, s’est prêtée au jeu pour sa toute première immersion. Pendant 30 jours, elle a configuré son algorithme pour absorber — et tester — le plus de conseils de wellness possible trouvés sur TikTok. Une routine intensive qui a rapidement fini par gruger entre quatre et cinq heures de ses journées.
En s’enfermant dans ce cocon individualiste, la journaliste a aussi réalisé que le contenu bien-être de TikTok s’adresse à une tranche très précise et privilégiée de la population : de jeunes femmes blanches, souvent célibataires et sans enfants, disposant d’un temps de loisir infini. Pour une mère de famille, s’isoler dans le salon pour accomplir « une heure de niaiseries » au détriment des moments passés avec son conjoint ou sa fille devient rapidement insoutenable.