Dans cette édition spéciale du Courrier Recommandé au Festif! de Baie Saint-Paul, Apashe et Pierre Kwenders parlent de leur rapport à leur nom d’artiste, des anecdotes improbables de concerts (Jakarta, Chili…), des regrets en carrière et en amour, un fuck, marry, kill qui pourrait créer des malaises, et une réflexion sur l’influence de leurs origines dans leur musique. Un moment à la fois léger, authentique et profondément humain.
« Je m’appelle José Louis, et Pierre Kwenders, c’est le nom de mon grand-père. » Dès les premières minutes de la conversation, le ton est donné. Pour l’artiste d’origine congolaise, le nom d’artiste ne relève pas d’un simple choix marketing. Il incarne un hommage à ses racines, un pont entre mémoire familiale et création. « Je chante majoritairement dans les langues de chez moi, du Congo », explique celui pour qui la musique est un outil de transmission, autant personnel que culturel.
Arrivé au Québec à 16 ans, Pierre a développé une identité artistique hybride, nourrie à la fois par ses racines africaines et sa vie en sol québécois. Il continue d’honorer les influences locales : « Ma chanson la plus populaire, c’est “Mardi Gras”. Ce n’est pas une chanson typiquement québécoise, mais elle est connue ici, surtout chez les Acadiens. C’est important pour moi de rendre hommage. »
Dans un duo d’échange fluide avec Apashe, on découvre un parallèle intéressant : si Pierre fusionne nom personnel et nom d’artiste, Apashe cherche à maintenir une séparation consciente entre ses deux identités : « J’ai mes amis, ma vie en tant que John, et puis il y a mon projet artistique, mes tournées. Pour moi, c’est facile à différencier. »
Une confession qui soulève une question universelle chez les créateurs : où commence l’artiste et où finit la personne? À travers des rires, des confidences et une prise de recul, leur rencontre nous plonge dans cette zone floue où vie privée et expression artistique cohabitent constamment.
C’est à Baie-Saint-Paul, ce village aussi charmant qu’intrigant, que la magie opère. Entre deux anecdotes de soirées partagées et de souvenirs de leurs arrivées respectives au Québec (Pierre à 16 ans, Apashe à 18), les artistes tissent un dialogue authentique. L’un aime explorer les petites maisons du coin, l’autre partage ses astuces de skincare — oui, le savon CeraVe y fait une apparition remarquée.
Leur complicité naturelle laisse place à la spontanéité : une discussion qui passe de l’art à la routine beauté, jusqu’à un jeu de questions improvisées qui fait basculer la conversation dans le domaine intime.
Est-ce qu’ils iraient en date l’un avec l’autre? La question, bien que lancée à la blague, donne lieu à une séquence étonnamment honnête. « Je suis quelqu’un qui aime prendre son temps à découvrir quelqu’un », admet Pierre. Apashe, pour sa part, imagine déjà l’apéro, un tartare commandé sans hésitation, preuve d’un caractère assumé : « Je sais ce que je veux. »
La discussion s’élargit : qu’est-ce qu’une deuxième rencontre racontée à travers les nuances de personnalité? La musique, les films, et le désir de mieux connaître l’autre deviennent autant de scènes où l’intimité se dévoile doucement.
Ce moment partagé entre deux artistes, à la croisée des chemins entre identités culturelles, réalités artistiques et relations humaines, nous rappelle que les rencontres les plus significatives sont souvent celles qu’on n’avait pas prévues.
Et si vous, lecteur·rice·s, vous laissiez aussi surprendre par une rencontre inattendue un soir d’été à Baie-Saint-Paul? Parce qu’au fond, entre un hommage musical et une assiette de tartare bien choisie, il y a peut-être tout un monde à découvrir.
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