Témoignage

Comment le 11 septembre a brisé la santé de milliers de gens?

5:07

Poursuivre l’écoute

Témoignage

Comment le 11 septembre a brisé la santé de milliers de gens?

8 septembre 2026

Le 11 septembre 2001, des milliers de personnes se trouvaient autour du World Trade Center lorsque la catastrophe a frappé. Vingt-cinq ans plus tard, si le souvenir des attaques reste gravé dans la mémoire collective, les survivantes civiles de cette journée font face à une tout autre réalité : celle des conséquences médicales dévastatrices de la poussière toxique.

« All of the women that you’re speaking to today are sick from the dust », résume Anne-Marie Principe, qui était sur place le jour des attaques. Les trois femmes rencontrées font partie de 96 000 personnes qui ont été diagnostiquées de problèmes de santé physique ou mentale après les attaques du 11 septembre, selon le Center for Disease Control.

Pour elles, la vie quotidienne est devenue un combat permanent contre la maladie. Anne-Marie Principe, atteinte de laryngite chronique confie : « Today’s a good day for my voice. Sometimes I have no voice. » Theresa Egan, ancienne gestionnaire d’un immeuble situé à proximité du site, décrit un parcours médical lourd : diagnostic de cancer du sein agressif en 2009, cancer de la peau en 2011, puis développement d’une masse cérébrale. À cela s’ajoutent une perte de la vue d’un œil, de la neuropathie et des douleurs articulaires intenses.

La cause de ces maladies ? La poussière toxique qui a rempli l’air de New York ce jour-là et qui y est restée pendant des mois. Theresa Egan raconte avoir immédiatement pressenti la gravité de la situation en déclarant ce matin-là qu’ils finiraient tous par développer des maladies pulmonaires d’ici 40 ou 50 ans. Les symptômes ne se sont pas fait attendre, débutant par ce que plusieurs ont appelé la toux du World Trade Center : « I was hacking up literally ash », explique Anne-Marie Principe.

Pourtant, les autorités affirmaient à l’époque qu’il n’y avait aucun danger et qu’il suffisait de nettoyer les surfaces et de fermer les fenêtres. Aujourd’hui, les intervenantes dénoncent ce discours mensonger, maintenu par peur des poursuites judiciaires.

Cette communauté de survivantes exprime un profond sentiment d’abandon. Si de nombreuses organisations et programmes d’aide existent pour soutenir les premiers répondants et les pompiers, presque rien n’est prévu pour les civils qui vivaient ou travaillaient sur place. « For me and for a lot of people in this community, we feel forgotten, not cared about », regrette l’une d’elles.

Sonia Agron, survivante du 11 septembre et bénévole au mémorial du 11 septembre, nous guide à travers les fontaines commémoratives. Elle nous présente les piliers de pierre qui rendent hommage à ceux qui sont décédés de ces maladies liées aux attaques.

Face aux discours politiques axés sur la vengeance et la traque des coupables après les attentats, ces femmes partagent aujourd’hui un message empreint de douleur, mais orienté vers la paix. Si la colère initiale était bien réelle, elle s’est transformée au fil du temps en un chagrin profond. Elles appellent à dépasser la haine liée à la religion ou à la couleur de peau, estimant que la véritable leçon de ce drame réside dans le changement et la compassion.

Publicité
Publicité